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50 ANS D'INDEPENDANCE

AVANT LE GRAND EVENEMENT
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Économie du Mali


L’économie du Mali reste dominée par le secteur primaire et notamment agricole. Les secteurs secondaire (industrie) et tertiaire sont peu développés. L’agriculture est confronté à des difficultés récurrentes : sécheresses répétitives depuis les années 1970, baisse du prix des matières premières produites, comme le coton, hausse des coût de production (intrants et carburants). La production aurifère est importante au Mali. Le secteur industriel étant peu développé, le Mali importe une grande partie des biens de consommations.

Le Mali est également confronté au problème de la dette. Les organisations internationales (Banque mondiale, Fonds monétaire international) a poussé l’État malien à adopter des politiques d’ajustement structurel avec la privatisation de certains secteurs de l’économie (transport ferroviaire, distribution de l’eau et de l’électricité et récemment la Compagnie malienne pour le développement du textile).

La croissance réelle du produit intérieur brut (PIB) est estimée à 5,3% en 2006 contre 6,1% en 2005 et l’inflation a été contenue en 2006 à 1,5% contre 6,4% en 2005. Pour 2007, les économistes tablent sur des taux de croissance de 5,2%. 

Si le taux de pauvreté a reculé sur la période 2001-2006, il reste très élevé avec une moyenne nationale de 47,4 % en 2006. Les variations géographiques sont importantes : en ville, il atteint 47,4 % et en milieu rural 57,6 %. L’indice de développement humain (IDH) positionne le Mali en 173e sur 177 en 2007/2008.

Agriculture et pêche  


L’économie du Mali est avant tout agricole. 80% de la population active travaille dans ce secteur qui représentait 44% du PIB en 1995 (16% pour le secteur secondaire et 40% pour le secteur tertiaire). Mais la production agricole est faible, souffrant à la fois d’un manque d’infrastructure en milieu rural, de rendements faibles trop liés aux variations climatiques. En dehors de la région de Sikasso, l’autosuffisance alimentaire n’est pas assurée.

La superficie des terres effectivement cultivées est estimée à 3 millions d’hectares soit 10% des terres arables. Le potentiel des terres irriguées est estimé à environ 1 millions d’hectares. Seul 130 000 ha sont actuellement complètement exploité.

L’agriculture est pratiquée par 630 000 petites exploitations familiales. La superficie moyenne est de 4,5 ha mais 40% des exploitations ont une superficie inférieure à 3 Ha.
Productions des principales cultures en 2001 Culture   
Production (en tonnes)
Mil 722226
Sorgho 532572
Riz paddy 670590
Coton graine 250059
Maïs 204921
Fonio 12569
Patate 15627
Igname 5982
Manioc 1426
Haricot 23703
Arachide 166270
Tabac 691


Céréales 

Paysans maliens cultivant le riz


Les céréales constituent la base de l’alimentation des maliens, notamment en milieu rural (220,13 Kg/an/habitant contre 154,51 Kg/an/habitant en ville).

Face à la pénurie alimentaire observée en 2005 suite à l’invasion acridienne et à la sécheresse, le Mali a connu une flambée des prix de denrées agricoles. Entre octobre 2004 et juin 2005, le kilogramme de mil, base de l'alimentation est passé de 105 à 161 francs CFA, celui du maïs de 103 à 167 francs CFA et celui du riz de 272 289 francs CFA. Pour maîtriser cette inflation des prix des denrées de bases, le gouvernement a décidé d’exonérer de Taxe sur la valeur ajoutée (TVA) 600 000 tonnes de riz et 100 000 tonnes de maïs importés, ainsi que la distribution gratuite de 8 500 tonnes de céréales dans les zones menacées de famine du Sahel. Pour la campagne 2005/2006, grâce à une bonne pluviométrie lors de la saison des pluies, la production céréalière est estimée à 3 136 592 tonnes, en hausse de 10,3% par rapport à la campagne précédente. La culture du riz contribue à hauteur de 44 milliards de francs CFA au PIB, soit 5%. La principale zone de production est celle de l’Office du Niger qui représente 40% de la production totale malienne estimée entre 700 000 et 900 000 tonnes selon les années.

La productivité de la filière riz au Mali, l’une des plus importantes en Afrique, ne permet pas d’assurer la protection des producteurs locaux face aux importations. L’application des politiques d’ajustements structurels rend la production nationale vulnérable face aux importations de riz subvention par les pays développés.

Coton 

Récolte du coton


La filière coton, avec une production de 580 000 tonnes en 2004, représente 15% du Produit intérieur brut (PIB). Environ trois millions de maliens vivent directement ou indirectement de la culture du coton. .

Le coton est, après l’or, la deuxième source d’exportation avec 187 milliards de francs CFA en 2004. Pour la campagne 2005/2006, la production de coton graine est estimé à 600 100 tonnes contre 585 000 pour la campagne précédente. Premier pays africain producteur de coton, le Mali est vulnérable aux fluctuations des cours de l’« or blanc » et est menacé par les subventions européenne mais surtout américaine accordés aux producteurs occidentaux qui rend le coton africain non compétitif. Le Mali, avec d’autres pays comme le Burkina Faso ou le Tchad demandent la suppression de ces subventions. La production et la transformation du Coton sont organisées par la Compagnie malienne pour le développement du textile (CMDT). Cette entreprise d’État créée en 1974 connaît des difficultés importantes dues aux fluctuations du cours du coton sur le marché mondiale mais aussi à une mauvaise gestion. Son déficit pour l’année 2004/2005 est évalué à 50 milliards de francs CFA. Sa privatisation, exigée par le Fonds monétaire international, est prévue pour 2008. Le gouvernement malien a décidé de créer des filières couvrant l’ensemble des régions productrices. Ces filières seront vendues avec la possibilité pour les producteurs d’entrer dans leur capital social.

Les paysans producteurs de coton sont majoritairement opposés à cette privatisation. Réuni à Fana en juillet 2005, le Forum des peuples a, à travers une pétition, réclamé l’abandon de la privatisation de la CMDT.

La production de coton « biologique et équitable », cultivé depuis 1998 dans les cercles de Kolondiéba, Yanfolila et Bougouni, a atteint 386 tonnes en 2005 et concerne 1700 producteurs de coton.

L’élevage

Marché au bestiaux de Fanafiè, commune de Kambila


L’élevage représente 10% du PIB. Elle est la principale ressource de 30% de la population.
Composition du cheptel malien en 2003 
Bovins 7 630 180
Moutons 6 825 500
Chèvres 9 324 000
Cheval 213 190
Anes 788 000
Chameau 300 000
Porcs 100 400
Volailles 23 000 000

75% du bétail malien est constitué de troupeaux transhumants. L’élevage est l’activité principale des peuls et des touaregs.

Le bétail est le troisième produit exporté par le Mali, après l’or et le coton. Cependant, ce secteur a pâti de la crise ivoirienne. La Côte d’Ivoire était le premier importateur de bétail malien, devant le Sénégal, la Mauritanie, la Guinée, le Ghana, le Burkina Faso et le Niger.

Pêche et pisciculture 

Pêcheurs sur le Lac Sélingué


La pêche représente 90 milliards de francs CFA, soit 4,2% du Produit intérieur brut.

La production halieutique se situe autour de 100 000 tonnes par an dans les années de pluviométrie normale. La pêche est pratiquée par environ 71 000 pêcheurs (essentiellement des bozos) permettant de faire vivre de 256 400 personnes. La filière pêche dans son ensemble emploie environ 8% de la population active. Christophe Breuil, Revue du secteur des pêches et de l’aquaculture : Mali pour l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, septembre 1996.

Les principales zones de pêches sont situées dans le delta central du Niger (80% de la production totale) et les lacs des barrages de Sélingué et Manantali.

La baisse des niveaux de cours d’eau due au déficit de pluviométrie, entraînant une stagnation des captures halieutiques depuis 3 décennies, ainsi que l’augmentation de la population fait que la demande croissante en poissons, une des principales sources de protéines pour la population a du mal à être satisfaite. Le Mali attend développer la pisciculture qui est encore à l’état embryonnaire.

Concertations paysannes sur la Loi d'Orientation Agricole du Mali 


En 2005, d'importantes concertations paysannes ont eu lieu dans le cadre du processus d'élaboration de la Loi d'orientation agricole (LOA) du Mali afin que les préoccupations, points de vue et propositions des paysans constituent le cœur des orientations politiques maliennes.

Vous pouvez également consulter le mémorandum paysan remis au gouvernement du Mali accordant une place méritée à tous les acteurs des concertations paysannes ainsi qu'aux méthodes mises en œuvre pour que le point de vue des paysans et paysannes soit respecté dans la transparence et la démocratie. 
 
La Loi d'Orientation Agricole a été adoptée le 16 août 2006. De nombreuses réformes doivent suivre son adoption. Plusieurs actions de communication auront lieu pour faire connaître la LOA aux populations et aux partenaires du Mali. 

Matières premières et énergies


Or 


La première société de production d’or de Kalena a été mis en service en 1984. L’exploitation de nouveaux gisements à Loulo, Faboula, misséni, Morila et Yatela a permis à l’industrie aurifère de prendre son essor dans les années 1990 .

Le Mali est devenu le troisième producteur d’or en Afrique (derrière l’Afrique du Sud et le Ghana) avec une production de 63 tonne en 2002, production qui a doublé entre 2000 et 2002. En 2006, la production était de 61,3 tonnes[18]. Entre 1997 et 2005, la production d’or a rapporté au Mali plus de 600 milliards de francs CFA. [19] L’or est la première exportation avec 394,4 milliards de francs CFA en 2006[20]. L’or représente 15 % du PIB et 70 % des recettes d’exportation.

La Fédération internationale des droits de l'homme (FIDH), a rendu public à Bamako en septembre 2007 un rapport intitulé "Mali, l’exploitation minière et les droits humains". Selon ce rapport, l’exploitation aurifère profiterait davantage aux compagnies minières qu’à l’État et aux Maliens. En effet, les compagnies seraient responsables du faible taux de recouvrements des recettes non fiscales de l’État.

Selon le ministère malien des Mines, de l’Énergie et de l’Eau, les réserves d’or estimées à 800 tonnes seraient épuisées en 2014. En 2007, il ne resterait que 374,3 tonnes. Le gouvernement cherche à diversifier la production minière, notamment en mettant en valeur des ressources en pierres précieuses et semi-précieuses dans différentes régions maliennes, notamment à Daikon dans le cercle de Bafoulabé, Bougouni, Falémé, cercle de Kéniéba et dans le massif de l’Adrar des Iforas.

De nouvelles mines d’or devraient être ouverte en 2009 : Kara koto (région de Kayes), Syama et Kodaira (région de Sikasso) .

Pétrole 


  La recherche pétrolière en cours dans le bassin de Taoudeni suscite beaucoup d’intérêt. Le ministre des Mines, Abou-Bakar Traoré, s'est rendu le week-end dernier sur le terrain pour mesurer les progrès dans la recherche dans le bloc 20 du bassin de Taoudeni.

Il était accompagné du gouverneur de Tombouctou, le colonel Mamadou Mangara, du directeur général de l'Autorité pour la promotion de la recherche pétrolière (AUREP), Mamadou Simpara, des représentants de l'ambassade d'Algérie, des sociétés impliquées dans la recherche sur ce site et du maire de la commune rurale de Salem, Youssouf Mohamed El Béchir.

Situé à 750 km au nord de la ville Tombouctou sur un territoire désertique où règnent des conditions climatiques difficiles, le bloc 20 s'étend sur 180 000 km2. Il est exploré par le groupe Sonatrach (Société nationale algérienne pour le transport et la commercialisation des hydrocarbures) à traves ses filiales SIPEX (Société internationale de production et d'exploration) et ENAGEO (Entreprise nationale de géophysique).

Le bloc 20 comme les blocs 1, 2, 3, 4, et 9 est situé dans la commune rurale de Salem où les recherches battent leur plein. La base de l'entreprise se trouve à environ 550 km de la ville de Tombouctou. Les recherches sismiques se font à environ 200 km de la base vers les ruines de Taoudeni.

Perdue dans l'immensité du désert, Salem figure parmi les plus vastes communes du pays avec 184 000 km2. Sa population d’environ 22 000 habitants est composée d'Arabes et de Tamasheqs vivant essentiellement d'élevage, de commerce et d'artisanat.

Aucune végétation n’égaie ce paysage désolé au relief dominé par les roches et le sable. Le climat est caractéristique du désert avec des écarts de températures extrêmes. Celles-ci peuvent grimper à 47° en période de chaleur et descendre à 8° à certains moments de l'année.

Le bloc 20 a été attribué à la Sipex suite à la signature d'une convention de concession entre cette société et le gouvernement en 2007. Sipex s'est engagée à exécuter un programme de travaux d'études géologiques, géochimiques, géophysique pendant les quatre premières années de ses travaux d'exploration.

Depuis, nombre de choses ont été faites. Pendant la première année (2007-2008), la société a réalisé une compilation des données géologiques et géophysiques sur le bassin de Taoudeni dans notre pays, en Mauritanie et en Algérie.


UNE LEGERE AVANCE. Pour la deuxième année (2008-2009), les travaux d'acquisition de données de gravimétrie, de magnétométrie et de radiométrie ont été effectués sur plus de 29 000 km linéaires.

La société a aussi mené une étude d'impact environnemental de ses travaux dont les résultats ont été transmis à l'AUREP. Dès la deuxième année, Sipex a aussi anticipé sur le programme d'acquisition sismique qui est la dernière phase avant l'installation des forages. Ces travaux qui se poursuivent actuellement, porteront sur 3500 km linéaires. Ils consistent, à travers de grosses machines appelées vibrateurs, à envoyer des sondes élastiques dans le sol. Les données de cette sonde sont recueillies sur de petits appareils puis stockées dans un laboratoire mobile installé sur le site. Les résultats des travaux d'acquisition sismique seront ensuite ramenés à base pour des interprétations provisoires avant d'être envoyés dans de grands laboratoires pour déterminer les pièges, c'est à dire les endroits où doivent être installés les forages.

Dans le bloc 20, les travaux d'acquisition sismique ont déjà été réalisés sur 2000 km linéaires et la société a entrepris d'étendre son programme sur 1500 km linéaires pour accroitre ses chances.

La société Sipex affiche une légère avance sur son programme contractuel et a déjà investi près de 28,5 millions de dollars soit plus de 14 milliards Fcfa dans les travaux, indiquent ses responsables qui espèrent trouver du pétrole dans cette partie de notre pays.

"En tant que géologue, je n'ai aucune raison de ne pas croire à l'existence du pétrole dans cette partie du Mali au regard de la ressemblance géologique avec des zones de la Mauritanie et l'Algérie où le liquide a été découvert. Cependant il faut laisser aux travaux de recherche de le prouver", a commenté Maache Boualem, le directeur général de Sipex-Mali.

"Au regard des résultats que nous enregistrons au jour le jour, l'espoir est grandement permis. Nous travaillons avec des équipes pluridisciplinaires du traitement et de l'interprétation. Toutes les données et les indices sont là pour nous faire espérer", ajoute Aoumeur Lassal, le président directeur général d'Enageo.

Au cours de la visite du site, le ministre Abou-Bakar Traoré a encouragé l'entreprise à persévérer pour faire aboutir ce qui est aujourd'hui son espoir, mais également celui de tous les Maliens.

Le bassin de Taoudeni est composé de 6 blocs repartis en blocs 1, 2, 3, 4, 9 et 20. Les blocs 1, 2, 3, 4, et 9 sont explorés par le groupe Sonatrach et ENI (société italienne) tandis que le bloc 20 est exploré par la seule Sonatrach.


QUINZE BASSINS SEDIMENTAIRES

Notre pays compte au total 5 bassins sédimentaires que sont les bassins de Taoudeni, de Gao, de Nara, d'Iullemeden et du Tamesna. Les bassins sédimentaires sont des superficies qui renferment des sédiments susceptibles de contenir une matière minérale (pétrole, gaz, etc). Ces bassins sont divisés en 25 blocs dont 20 ont été attribués à des sociétés de recherche. Les blocs sont des périmètres de recherche.

De nos jours, les blocs 1, 2, 3, 4, 9, et 20 du bassin de Taoudeni sont ceux qui enregistrent le plus de recherches avancées. Les blocs 1, 2, 3, 4, et 9 portant sur une superficie de 193 200 km2 sont actuellement explorés par la Sonatrach et ENI après le retrait de la course de société australienne, Baraka Mali Ventures. Ici les sondages sismiques ont porté sur 6000 km linéaires et sont achevés en 2008 après que l'Etat ait signé une convention de partage avec Baraka en 2003.

Les résultats des sondages sismiques des blocs 1, 2, 3, 4, et 9 sont attendus et les premiers puits devraient être creusés vers la fin de l'année.

Les travaux sismiques du bloc 20 vont porter sur 3500 km linéaires dont 200 sont déjà réalisés.

"Les travaux sismiques sont très complexes. Il faut découvrir les pièges et attendre d'avoir le pétrole pour être rassuré. Car la nature nous réserve beaucoup de surprises", a commenté Khatir Belaïd, directeur des projets Sipex Mali Branch.


Des recherches pour l’exploitation pétrolière sont actuellement en cours au Mali. Un premier forage pourrait être installé en 2008.

Énergie 


La consommation énergétique provient en grande partie (81%) du bois et du charbon de bois, largement devant les produits pétroliers (16%) et l’électricité (3%). Cette surconsommation des produits du bois (6 millions de tonnes en 2002) créé une pression trop forte sur les forêts et accélère la désertification.

Un projet de politique énergétique nationale a été approuvé par le Conseil des ministres le 29 mars 2006. Il doit notamment permettre :

  * de réduire la part des combustibles ligneux dans la consommation globale de 81% actuellement à 70% en 2010 et 60% en 2015.
  * de sécuriser et accroître la couverture électrique du pays de 14% en 2004 à 45% en 2010 et 55% en 2015.
  * d'accroître la part des énergies renouvelables dans la production nationale d'électricité de moins de 1% en 2004 à 6% en 2010 et 10% en 2015.

Des initiatives intéressantes pour l'utilisation du biogaz  et de foyers améliorés ont lieu afin de répondre aux besoins énergétiques des populations tout en préservant les ressources ligneuses.

Seul 16,7% de la population a accès à l’électricité, mais dans les zones rurales ce taux n’est que de 1%. Pour favoriser l’électrification des zones rurales, le ministère de l’énergie et des mines a créé l’Agence malienne pour le développement de l’énergie domestique et de l’électrification rurale (Amader)[29]. Selon l’OCDE, l’électricité malienne est fournie à 80 % par les centrales hydrauliques et à 20 % par les centrales thermiques.

D'importantes coupures d'électricité continuent d'avoir lieu dans les mois de mai et juin, quand les barrages n'ont pas recueilli assez d'eau. Plusieurs villes ainsi que la capitale sont privées de courant plusieurs heures par jour. Cela est particulièrement dommageable pour les industries et les services.

Industrie


Le recensement industriel réalisé en 2006 dénombre 406 entreprises industrielles dont 343 en activité. La plupart, 70 %, sont installée dans le district de Bamako. Les entreprises industrielles employaient 17593 personnes en 2006, contre 13127 personnes en 2002, soit une augmentation de 34% en quatre ans. En 2005, ces entreprises ont réalisé un chiffre d’affaire de 897 milliards de francs CFA.

Il s’agit essentiellement d’industrie de transformation de la production agricole : biscuiterie, pâtes alimentaires, confiseries, conserverie, brasserie, boulangerie, huilerie, sucrerie, laiterie, usine textile et de tabac. La plus grande partie de la population travaille dans le secteur informel.

Tourisme au Mali

Le tourisme au Mali est un secteur de l'économie qui prend une ampleur ces dernières années. Le nombre de visiteurs est passé de 98 000 en 2002 à 250 000 en 2007. Les recettes provenant du secteur touristique sont passées de 64,648 milliards de francs CFA en 2001 à 110 milliards de FCFA en 2007 au Mali, selon l'Office du tourisme et de l'hôtellerie (OMATHO), à Bamako.

Les zones touristiques 

Trois sites (tous trois inscrits au Patrimoine mondial de l'UNESCO)concentrent actuellement l'activité touristique:

  * le pays dogon (région la plus visité de toute l'Afrique de l'ouest).
  * Djenné (plus grande ville en terre au monde)
  * Tombouctou (ville mythique situé dans la Sahara au nord)

ainsi que la capitale Bamako et Mopti concernant le tourisme d'affaire.

La volonté des autorités est de développer des nouvelles régions touristiques autour du pays mandingue, la boucle du Baoulé, et le Gourma

Avec 80 milliards de francs CFA générés en 2005, le tourisme est devenu un secteur important de l’économie malienne, avec la création de 17 000 emplois dans cette filière[32]. Le nombre d’hôtel est passé de 53 en 1990 à 242 en 2005. Le tourisme devrait connaître un nouvel essor dans les prochaines années. Il est envisagé d’accueillir 300 000 touristes en 2009 contre 112 654 enregistrés en 2004[33].

Le tourisme est concentré actuellement dans trois régions : le pays dogon, Djenné - Mopti et Tombouctou. La volonté des autorités est de développer des nouvelles régions touristiques autour du pays mandingue, la boucle du Baoulé, et le Gourma[34]. Mais le manque d’infrastructures hôtelières et l’état des routes restent des freins au développement du tourisme.

Politique économique 

Les politiques d’ajustement structurel imposées par le Fonds monétaire international (FMI) depuis les années 1970 ont conduit les gouvernements à réduire les budgets sociaux consacrés aux dépenses d’éducation et de santé. La dévaluation du franc CFA en janvier 1994 a plongé un nombre important de familles dans des situations d’extrême précarité. Ces politiques, tout comme la démocratisation du pays, ont cependant rassuré les investisseurs étrangers.

Dette 

La dette, qui n’était que de 55 milliards de francs CFA en 1968 a atteint 1 700 milliards de francs CFA en 2001, ce qui représente quasiment son PIB annuel (99%) et six fois le budget de l’État et 1766 milliards de francs CFA en 2003. En 2005, le service de la dette s’élève à 90,69 milliards de francs CFA. Selon une étude réalisée par la Coalition des alternatives africaines dettes et développement (CAD-Mali), il faudrait le sacrifice de 4 générations, soit 106 années, pour rembourser intégralement cette dette.

Le Mali a bénéficié en 2000 d’une réduction de 158 milliards du service de la dette au titre de la première phase de l’initiative pays pauvres très endettés (PPTE)[36]. Cette réduction de dettes a été accordée suite à l’engagement de l’État malien de privatiser de larges secteurs de l’économie et de réduire les dépenses publiques.

En 2005, le G8 a pris la décision d’annuler la dette multilatérale du Mali s’élevant à 1 060 milliards de francs CFA.

Privatisation et libéralisation de l’économie

Sur la pression d’organisations internationales comme la Banque mondiale et le Fonds monétaire international, le Mali a mis en place une politique d’ajustement structurel qui consiste à libéraliser l’économie (liberté des prix, fin du monopole pour l’importation et l’exportation, privatisations).

Pour le CAD-Mali, cette politique d’ajustement structurel n’a pas permis au pays de sortir de l’étau de la dette toute en appauvrissant une partie de la population, les privatisations entraînant une nombre élevé de licenciements.

La société Énergie du Mali (EDM) chargée de la production et la distribution d’électricité et d’eau potable avait été privatisée et rachetée pour 60% par la société SAUR, filiale du groupe français Bouygues. Pourtant, en 2005, le gouvernement malien a décidé de racheter EDM contestant les choix de gestion du groupe Saur, basés sur une augmentation du prix de vente de l’électricité et de l’eau.

Au niveau des télécommunications, une licence globale a été accordée à un opérateur privé, Ikatel, venant ainsi faire concurrence à la société publique Sotelma et sa filiale de téléphonie mobile Malitel. La privatisation de la Sotelma est prévue vers 2007.

La régie des Chemins de fer du Mali qui exploitait la partie malienne de l’unique ligne de chemin de fer entre Bamako et Dakar, a été privatisée en 2003 et vendue à Transrail, un consortium canadien. Transrail a donné la priorité au fret au détriment du transport de voyageurs. Les deux tiers des gares ont été fermés (26 sur 36), ce qui entraîne une perte de ressources pour les habitants des localités concernées. En effet, l’arrêt des trains dans ces localités permettait le commerce. 612 salariés de l’ancienne régie ont été licenciés.

Désenclavement du Mali 

Le Mali souffre de son enclavement. Ne possédant aucune façade maritime, il est dépendant des ports des pays de la sous-région, Abidjan était le principal port utilisé jusqu’au déclenchement de la Guerre civile de Côte d'Ivoire. Depuis, les ports de Lomé au Togo et Nouakchott en Mauritanie, ainsi que Dakar au Sénégal ont pris la relève. Mais les infrastructures routières insuffisantes sont un frein et le gouvernement malien a décidé de faire du désenclavement une priorité : des travaux sont en cours ou prévus sur les liaisons routières entre Bamako et Dakar, Nouakchott et Conakry. Un pont sur le fleuve Niger a été construit à Gao.

Commerces extérieurs 

Les exportations maliennes ont totalisées en 2004 près de 513 milliards de francs CFA, avec deux grands secteurs qui sont l’or (270 milliards de francs CFA) et le coton (187 milliards de francs CFA). Les exportations sont en recul par rapport à 2003 (577 milliards). Les importations s’élèvent à 716 milliards de francs CFA. La balance commerciale accuse un déficit d’environ 203 milliards de francs CFA.

Accords de partenariat économique 

Les négociations pour des accords de partenariat économique (APE) entre les pays d'Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP) et l'Union européenne (UE) sont en cours pour donner suite à l'Accord de Cotonou. Ils ont pour objectifs de libéraliser davantage les échanges commerciaux en instaurant, entre autres, la réciprocité dans les préférences commerciales.

Ces négociations sont menés par les sous-ensembles régionaux, notamment la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest pour l'Afrique de l'Ouest. La CEDEAO s'est impliqué dès le début des négociations et a produit plusieurs analyses sur l'impact de ces accords et se prononcent contre la signature ou pour une prolongation des négociations au-delà du délai limite du 31 décembre 2007[38].

Plusieurs organisations de la société civile protestent contre les impacts négatifs de ces accords s'ils sont signés en l'état[39]. Les pressions de l'Union européenne sont très fortes; des États ont dénoncé des menaces de réduction d'aide au développement si ces accords "commerciaux" ne sont pas signés à la date prévue.

Le secteur de l'agriculture sera fortement touché; une déstructuration de plusieurs filières agricoles est évoquée, avec son lot de conséquences socio-économiques pour les populations rurales. Cette appréhension repose sur l'expérience d'autres pays connaissant des accords de libre-échange depuis plusieurs années, tels que la Jamaïque.

Les industriels africains se mobilisent également contre la signature des APE dont la conclusion sur les bases proposées aurait pour conséquence "la disparition des industries africaines naissantes et fragiles"; ils n'ont pas confiance dans l'efficacité et de l'effectivité des mises à niveau proposés dans les délais prescrits.

Intégration régionale 

Le Mali est membre de

  * l’Union économique et monétaire ouest-africaine,
  * la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest,
  * la Communauté des États sahélo-sahariens,
  * l’Autorité de Liptako-Gourma.

Aide étrangère 

Le Mali bénéficie de l’aide internationale, qu’elle soit fournie par des organisations internationales (FMI, Banque mondiale, Banque africaine de développement) ou par des programmes bilatéraux (Union européenne, Luxembourg, France, Allemagne, Pays-Bas, Canada, États-Unis).

Jusqu’en 1991, l’Union soviétique était un partenaire important du Mali. De plus en plus, les pays arabes comme l’Arabie saoudite ou la Libye ainsi que la Chine aident le Mali.

L’argent envoyé par les émigrés en Europe et particulièrement en France, originaires principalement de la région de Kayes, est une source de revenus essentielle, dépassant l’aide au développement octroyée par les « pays riches ».Le ministre des Maliens de l’extérieur et de l’intégration africaine estime à 4 millions les Maliens vivant et travaillant à l’étranger, dont 3,5 millions en Afrique, 200 000 en Europe dont plus de la moitié en France.                                                                                                                                                                                                     Source Wikipedia
 
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