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Tourisme au Mali


Le tourisme au Mali est un secteur de l'économie qui prend une ampleur ces dernières années. Le nombre de visiteurs est passé de 98 000 en 2002 à 250 000 en 2007. Les recettes provenant du secteur touristique sont passées de 64,648 milliards de francs CFA en 2001 à 110 milliards de FCFA en 2007 au Mali, selon l'Office du tourisme et de l'hôtellerie (OMATHO), à Bamako.

Les zones touristiques 


Trois sites (tous trois inscrits au Patrimoine mondial de l'UNESCO)concentrent actuellement l'activité touristique:

  * le pays dogon (région la plus visité de toute l'Afrique de l'ouest).
  * Djenné (plus grande ville en terre au monde)
  * Tombouctou (ville mythique situé dans la Sahara au nord)


ainsi que la capitale Bamako et Mopti concernant le tourisme d'affaire.

La volonté des autorités est de développer des nouvelles régions touristiques autour du pays mandingue, la boucle du Baoulé, et le Gourma

Avec 80 milliards de francs CFA générés en 2005, le tourisme est devenu un secteur important de l’économie malienne, avec la création de 17 000 emplois dans cette filière. Le nombre d’hôtel est passé de 53 en 1990 à 242 en 2005. Le tourisme devrait connaître un nouvel essor dans les prochaines années. Il est envisagé d’accueillir 300 000 touristes en 2009 contre 112 654 enregistrés en 2004.

Le tourisme est concentré actuellement dans trois régions : le pays dogon, Djenné - Mopti et Tombouctou. La volonté des autorités est de développer des nouvelles régions touristiques autour du pays mandingue, la boucle du Baoulé, et le Gourma. Mais le manque d’infrastructures hôtelières et l’état des routes restent des freins au développement du tourisme.



Tombouctou


Tombouctou (Timbuktu ou Tin-Buktu en tamasheq) est une ville située sur le fleuve Niger au Mali. Elle est surnommée « la ville aux 333 saints » et « la perle du désert ».

Tombouctou est aussi le nom d'une des huit régions qui composent le Mali et le gouverneur de cette région siège dans la ville du même nom.



Étymologie

Le nom « Tombouctou » viendrait du tamasheq, langue des Touareg qui auraient fondé la ville au XIIe siècle, de Tin (ou Tim), qui signifie « puits» ou « lieu », et de Bouctou, nom donné à la femme présente à l'arrivée des Touareg, gardienne d'un puits, et qui désignerait une personne originaire d’Essouk – ce qui donne « le lieu de Bouctou », ou encore « le puits de Bouctou, femme au gros nombril ». À cette étymologie proposée par Abderrahamne es-Saâdi au XVIIe siècle dans son Tarikh es-Sudan (Histoire du Soudan), l’explorateur allemand Heinrich Barth au XIXe siècle, lui, donne une origine songhaï du mot Tombouctou qui désignerait une « dépression entre les dunes ».

Histoire

La ville a construit sa prospérité sur les échanges commerciaux entre la zone soudanaise du Sahel africain et le Maghreb. Elle eut son apogée au XVIe siècle. Sa richesse déclina lorsque les Européens ouvrirent la voie maritime pour le commerce entre l'Afrique du Nord et l'Afrique noire.

La légende (dans le Tarikh es-Soudan) rapporte que Tombouctou fut formée autour du puits d'une femme appelée Bouctou, (originaire d'Essouk) d'où le nom de la ville (Tin Bouctou, le puits de Bouctou). Les premiers campements pourraient remonter aux premiers siècles de l'histoire écrite.

 Campement des nomades berbères du XIIe siècle, la ville n'apparaît cependant dans l'histoire qu'au XIVe siècle : l'empereur du Mandé Mansa Moussa y fit construire une prestigieuse mosquée, par l'architecte Abou Ishaq es-Sahéli.

 Au XVe siècle, la construction par une vieille femme de la mosquée de Sankoré, qui comprenait une medersa, est à l'origine d'une université islamique de renommée internationale. Jusqu'à 25 000 étudiants fréquentèrent la ville sous le régime de Sonni Ali Ber (Sonni Ali le Grand).

 Le déclin de la ville commença au XVIIe siècle avec l'instabilité politique et l'apparition de la traite des Noirs qui rapprochait le commerce des côtes.






Quelques dates

 

    * XIe siècle Fondation supposée de la ville par les Touaregs.

    * 1325 L'empereur Mansa Moussa commence la construction d'une mosquée prestigieuse.

    * 1328 Achèvement de la mosquée de Djingereiber.

    * 1353 Le voyageur tangérois Ibn Battûta visite la ville.

    * XVe siècle Construction de la mosquée de Sankoré, aux dimensions de la Kaaba.

    * 1458 Prise de la ville par Sonni Ali Ber, empereur songhaï.

    * 1590 Chute de l'Empire songhaï, la ville passe sous domination marocaine.

    * octobre 1591 Soulèvement de la ville, les plus illustres savants de la ville dont Ahmed Baba sont exilés à Marrakech.

    * 1630 Le chroniqueur Abderhaman Sâdi décrit sa ville dans son Tarikh es-Soudan.

    * 1760 Les Touaregs chassent les derniers Marocains de la ville.

    * 1825 L'Empire peul du Macina conquiert la ville.

 

  * 1826 Le major Alexander Gordon Laing visite la ville. Pris pour un marchand d'esclaves concurrent, il est assassiné.

    * 20 avril 1828 Dissimulé sous le costume d'un lettré musulman, le Français René Caillié entre dans la ville. Son récit de voyage fait grand bruit en Europe.

    * 1844 Mort de Sékou Amadou, la ville s'émancipe.

    * 1853-1854 L'explorateur allemand Heinrich Barth passe six mois à Tombouctou.

    * 1892 Chute de la colonne Bonnier par les Touareg Ioullemiden et Igdalen après avoir occupé Tombouctou.

    * 1894 La ville est prise par les colonisateurs français.

    * 1914 Fin de la pacification des zones du Nord du Mali.

  * 1988 La ville est inscrite au patrimoine mondial de l'Unesco.

    * 27 mars 1996 Cérémonie de la Flamme de la Paix, durant laquelle les rebelles touaregs brûlent 3 000 armes utilisées durant la rébellion.

Les manuscrits de Tombouctou

Le vrai trésor de Tombouctou est constitué par un ensemble de près de cent mille manuscrits détenus par les grandes familles de la ville. Ces manuscrits, dont certains datent de l'époque pré-islamique remontant au XIIe siècle, sont conservés depuis des siècles comme des secrets de famille. Ils sont pour la plupart écrits en arabe ou en fulani, la langue peule, par des savants originaires de l'ancien empire du Mali et contiennent un savoir didactique notamment dans les domaines de l'astronomie, de la musique, de la botanique… Des manuscrits plus récents couvrent les domaines du droit, des sciences, de l'histoire (avec d'inestimables documents comme le Tarikh es-Sudan de Mahmoud Kati sur l'histoire du Soudan au XVe siècle et le Tarikh el-Fetash d'Abderahmane Es-Saad au XVIIe siècle), de la religion, du commerce. Le centre de documentation et de recherches Ahmed-Baba (Cedrab), fondé en 1970 par le gouvernement avec l'aide de l'UNESCO, recueille certains de ces manuscrits pour les restaurer et les numériser. Si déjà plus de 18 000 manuscrits ont été collectés par le seul centre Ahmed Baba, on estime qu'il existerait jusqu'à 300 000 manuscrits dans l'ensemble de la zone touarègue. Environs 60 à 80 bibliothèques privées existent aussi dans la ville, parmi lesquelles la bibliothèque commémorative Mamma Haidara et la bibliothèque Mahmoud-Kati. Couvrant l'ensemble des domaines du savoir, les manuscrits sont menacés par les mauvaises conditions de conservation et surtout par le trafic dont ils sont l'objet au profit de riches collectionneurs.

L’Institut des hautes études et de recherche islamique Ahmed Baba, ont été inauguré en janvier 2009 par le président malien Amadou Toumani Touré, le président sud-africain, Kgalema Motlanthe et son prédécesseur Thabo Mbeki. Le coût des travaux d’un montant de 2,5 milliards de francs Cfa ont été financé par L’Afrique du Sud. Construite sur la place Sankoré, sur le site de l'ancienne université Sankoré, les locaux de 4 800 m² comprennent notamment un amphithéâtre de 500 places, une salle de conférence de 300 places et une bibliothèque

Manifestations culturelles

Le Festival au désert se déroule chaque année à Essakane à deux heures de piste de la ville de Tombouctou au mois de janvier.

Citations

    * « Le sel vient du Nord, l'or vient du Sud, l'argent vient du pays des Blancs mais la parole de Dieu, les choses saintes, les contes jolis on ne les trouve qu'à Tombouctou. » – Affiché au centre Ahmed-Baba.

    * « Ô toi qui vas à Gao fais un détour par Tombouctou. Murmure mon nom à mes amis et porte-leur le salut parfumé de l'exilé qui soupire après le sol où résident sa famille, ses amis, ses voisins. » – Ahmed Baba (1556-1627).

Jumelages 

La ville de Tombouctou est jumelée avec :

  

Djenné


 


 

Djenné est une ville du Mali, chef-lieu de cercle, située dans la cinquième région administrative (Mopti) à 574 kilomètres de Bamako.

Djenné est à la charnière entre le monde nomade et le monde sédentaire. Elle est située à 130 km de Mopti, et à 500 km par voie fluviale de la ville caravanière de Tombouctou à laquelle elle est liée commercialement.

Son nom signifie « génie des eaux » en langue bozo.

Géographie

Djenné est construite sur une île de 88 hectares, entre deux bras du Bani, affluent du Niger. Elle est située au bout d'une digue de 23 km qui s'achève sur les bords du Bani. Pour rejoindre la route principale qui relie Bamako à Mopti, il est nécessaire d’emprunter un bac.

Djenné connaît un climat de type sahélien. Les précipitations annuelles sont en moyennes de 400 et 600 mm.

La ville de Djenné compte 14 196 habitants en 2005 contre 10 275 en 1976[1]. Différentes ethnies sont présentes à Djenné : Sonrhaï, Peuls, Bambaras, Sarakolés, Bozos, Dogons et Mossi.

Histoire

La région a été occupée à partir du IIIe siècle avant J.-C., comme en témoignent les nombreux sites archéologiques (65 recensés) dans un rayon de 5 km autour de la ville actuelle. Les plus importants sont Kaniana, Tonomba et Djenné-Djenno, considérée comme la ville ancienne de Djenné.

La ville de Djenné a été construite à proximité de Djenné-Djenno à la fin du ⅠⅩe siècle par des Bozos. Une légende raconte qu’une jeune fille nommée Tapama Dienepo fut enfermée vivante dans un tombeau du mur d’enceinte de la ville afin de protéger la cité et en assurer la prospérité (le génie des eaux qui donne son nom à la cité ferait s'écrouler les maisons de banco et c'est le sacrifice de la jeune fille qui aurait permit d'ériger la ville).

En 1280, le roi Koi Koumboro se convertit à l’islam et fait construire à Djenné sa prestigieuse mosquée. Au XIIIe siècle, la ville est intégrée à l’empire du Mali.

En 1443, elle est conquise par les Touaregs puis par l'Empire songhaï en 1470. En 1591, le Maroc s’empare de Djenné. En 1670, Djenné appartient au Royaume bambara de Ségou.

Djenné est conquise par Sékou Amadou (Empire peul du Macina) en 1819, puis par l’Empire toucouleur d’Oumar Tall en 1862 avant d’être prise par les troupes de Louis Archinard en 1893 lors de la pénétration coloniale française et intégrée au Soudan français.

La ville a été au cours de son histoire au cœur de l’expansion de l’Islam en Afrique noire.

Djenné a toujours été un carrefour pour le commerce transsaharien. Les marchandises en provenance du nord, notamment les bijoux et le sel gemme, s’échangeaient contre les produits du sud, les noix de cola, l’or et l’ivoire. De nos jours encore, le marché qui se tient chaque lundi est le plus important de la région.

La grande Mosquée de Djenné

Vers 1280, Koi Komboro, roi de Djenné, se convertit à l’Islam. Il détruit son palais et y fait construire à la place une grande mosquée.

En 1819, Djenné est annexée à l’Empire peul du Macina de Sékou Amadou qui fait détruire la mosquée pour en construire une nouvelle. En 1906, le gouverneur colonial français William Ponty accepte, à la demande du marabout Almamy Sonfo, de reconstruire à l’identique l’ancienne mosquée du roi Koi Komboro. Les travaux, commencés en octobre 1906, seront terminés le 1er octobre 1907.

La grande mosquée peut accueillir environ 1 000 fidèles. Elle mesure 75 mètres de côté et 20 mètres de hauteur. Son toit est soutenu par 100 piliers. Entièrement réalisée en banco, la mosquée bénéficie chaque année d’un crépissage auquel participent tous les habitants de la ville.

La mosquée est typique de l'architecture soudannaise qui inspire les maçons bozos, ceux-ci puisent dans les lignes de ce monument l'esprit des nouvelles mosquées.

Bandiagara (pays dogon)


 


 

Le Pays Dogon est une région du Mali, peuplée essentiellement par les Dogons.

Cette région historique appartient à la cinquième région administrative du Mali et s'étend de part et d'autre de la falaise de Bandiagara.

Falaise de Bandiagara

 

La falaise de Bandiagara est une longue chaîne de grès s'étirant du sud au nord-est sur une distance de 200 km. C'est l'un des sites les plus imposants d'Afrique de l'Ouest, que ce soit par ses caractéristiques archéologiques, ethnologiques ou géologiques. Une partie des falaises se trouvent dans le pays voisin qu'est le Burkina Faso.

 

Géographie

Cette falaise est la limite orientale d'un plateau gréseux situé à l'est du fleuve Niger. La falaise domine la plaine sableuse du Seno-Gondo. Elle s'étire sur environ 200 km depuis le nord de la région de Mopti au Mali jusqu'à l'ouest du Burkina Faso, près de la ville de Nouna (province Kossi).

Le massif de grès est prolongé par des reliefs isolés, le massif de la Gandamia, les petits sommets isolés de Boni puis finalement le Mont Hombori, le plus haut sommet du Mali avec 1155 mètres d'altitude.

La falaise est constituée d'un escarpement presque vertical qui surplombe une zone d'éboulis gréseux dont la pente avoisine 25°, puis d'une vallée de piémont d'une largeur variant de quelques mètres à quelques kilomètres. L'escarpement a une hauteur variable, qui augmente du sud vers le nord. Elle passe d'une centaine de mètres au sud de la latitude 14° Nord à 200 m près de Douentza (au nord-est du massif), voire plus de 300 m entre Douentza et Kona au nord.

Tourisme

Ces dernières années le tourisme sur la falaise s'est énormément développé en raison de l'attrait occidental croissant pour la culture et l'imaginaire dogons, notamment offerts au grand public par les films de Jean Rouch. Les hameaux le long de la falaise sont très appréciés lors des randonnées des touristes, entre autres : Kani-Kembolé, Enndé, Dourou, Nombori, Tirelli, Yayé, Banani, Tiogou, les trois Youga, Atô et Bongo.

En plus de ses paysages exceptionnels de falaises et de plateau gréseux intégrant de très belles architectures (habitations, greniers, autels, sanctuaires et toguna – abris des hommes), le site de la région de Bandiagara possède des traditions sociales prestigieuses encore vivantes (masques, fêtes rituelles et populaires, cultes périodiquement rendus aux ancêtres à travers plusieurs cérémonies). Par ses caractéristiques géologiques, archéologiques et ethnologiques et ses paysages, le plateau de Bandiagara est l'un des sites les plus imposants d'Afrique de l'Ouest.

 

 
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